Petits carreaux de céramique carrés et colorés, empilés et alignés en rangs, vus de près.

Invader : comment sont faites les mosaïques de Space Invaders

Invader pose depuis 1996 des mosaïques faites de petits carreaux de céramique carrés, collées sur les murs des villes. La recette tient en trois éléments : un carreau par pixel, des couleurs unies, une pose rapide. Le reste, la numérotation, les points à gagner, les disparitions, vient du jeu installé autour.

L'essentiel

Les mosaïques d’Invader sont des assemblages de petits carreaux de céramique carrés, où un carreau vaut un pixel.

  • Première pose en 1996 dans une ruelle parisienne, d’après les personnages pixelisés du jeu d’arcade Space Invaders (1978).
  • Projet lancé officiellement en 1998, avec un catalogue numéroté par secteur (PA_68, PA_360, PA_817, PA_1466).
  • Motifs simples : un alien ou une créature sur fond uni, peu de couleurs, contours en escalier.
  • Chaque pièce rapporte de 10 à 50 points dans le jeu FlashInvaders.
  • Beaucoup de pièces ont disparu, arrachées, recouvertes ou décollées.

Avec quels carreaux Invader fait-il ses mosaïques ?

Invader travaille le petit carreau de céramique carré, uni, choisi pour sa teinte. Sa première mosaïque est posée en 1996 dans une ruelle parisienne, d’après les personnages du jeu Space Invaders de 1978.

La première mosaïque d’Invader est posée en 1996 dans une ruelle parisienne. Le motif vient du jeu d’arcade Space Invaders, sorti en 1978 : des personnages en pixels, tout en blocs. Le matériau suit le motif, puisque ce sont de petits carreaux de céramique carrés, réguliers, de couleur unie.

Le choix se fait sur la teinte, jamais sur le décor. Les fiches d’œuvres décrivent des combinaisons simples : un alien bleu clair aux yeux blancs sur fond bleu nuit, un alien rouge aux yeux blancs sur fond blanc, ou une créature rouge à quatre pattes et deux yeux jaunes carrés sur fond blanc. Deux ou trois couleurs suffisent, parfois une seule.

Famille de tesselleCe que cela implique pour une pose en extérieur
Carreau de céramique émaillé, carré, uniSurface vitrifiée, couleur stable, peu poreux, se coupe à la pince. La tenue dépend surtout du support et de la colle.
Pâte de verre, smaltiTrès dure, éclat brillant, plus lourde et plus chère. Demande une colle adaptée aux supports non poreux.
Grès cérameMasse colorée dans l’épaisseur, résiste aux chocs et au gel, plus difficile à couper proprement.
Faïence et émail minceMoins dense, poreux à l’arrière. À réserver aux murs abrités plutôt qu’à la rue.

Un pixel, une tesselle : la grille avant tout

Chaque carreau vaut un pixel : une tesselle de trop décale tout le dessin. D’où une pose à joints réguliers, proche de la trame continue des mosaïques antiques.

Le dessin impose une seule discipline : un carreau vaut un pixel. Une tesselle de trop et la silhouette se décale, une tesselle manquante et l’œil la repère aussitôt. L’assemblage se fait donc à joints réguliers, sur une trame continue où le motif n’est pas tracé par un trait mais par la couleur des carreaux. C’est le principe de l’opus tessellatum des mosaïques antiques, où le pavement entier est construit sur une même grille.

Mains anonymes tenant une pince à mosaïque au-dessus de tesselles disposées en trame régulière.

Le motif est pauvre en informations, et c’est ce qui le rend lisible. Une image d’arcade tient en quelques couleurs, sans dégradé, avec des contours en escalier. Transposée en carreaux, elle ne demande aucun mélange : chaque teinte existe en carreau. Le travail se joue donc avant la pose, dans le calepinage. La logique est la même que pour les tesselles employées aujourd’hui, où le format régulier prime sur la nuance.

Pour une mosaïque de rue, la régularité se gagne avant le mur : on dispose les carreaux à plat, sur un support ou un calque, on vérifie les lignes à la règle, puis on transporte l’ensemble. Ce travail à plat explique la netteté des pièces collées en hauteur, là où l’on n’a jamais le temps de rectifier un rang. La démarche rejoint celle de la mosaïque contemporaine, qui garde la trame antique en changeant de sujet.

Combien y a-t-il d’Invaders à Paris ?

Aucun total ne tient longtemps. Le catalogue est numéroté par secteur, et des pièces posées depuis des années ont quitté leur mur. Paris reste la ville la plus dense du projet.

Le catalogue d’Invader est numéroté par secteur : PA_68, PA_167, PA_360, PA_688, PA_817, PA_1392, PA_1466 pour Paris. Ce numéro identifie une pièce, pas un total. Aucun chiffre arrêté n’a donc de sens, d’autant que des mosaïques posées depuis plus de vingt ans ne sont plus sur leur mur.

Les mêmes rues reviennent dans les relevés, avec des dates étalées sur plus de deux décennies : rue de Richelieu le 11 mars 1999, rue de Rivoli le 26 novembre 2000, rue de Marseille le 4 juin 2001, rue du Faubourg Saint-Antoine le 14 octobre 2006, rue des Irlandais le 27 avril 2008, rue Saint-Blaise le 25 octobre 2009, rue St-Sabin le 3 novembre 2009, rue de Beaune le 4 janvier 2011, rue d’Hauteville le 27 mars 2019, quai St-Michel le 2 juin 2021.

Paris est la ville d’origine du projet, et la plus dense. À l’échelle de la capitale, les recensements collaboratifs de street art comptent plus de deux mille œuvres, toutes signatures mêlées. Le comptage bouge aussi parce que de nouvelles pièces apparaissent et que d’autres s’effacent. Toute réponse chiffrée est une photographie à un instant donné.

FlashInvaders : photographier, marquer des points, recenser

Le projet est lancé officiellement en 1998. Chaque mosaïque rapporte des points à qui la photographie, de 10 à 50 selon la pièce, et les disparitions sont signalées au passage.

Le projet est officiellement lancé en 1998, et la chasse fait partie de l’œuvre. Chaque mosaïque rapporte des points à qui la photographie et l’enregistre dans l’application FlashInvaders. Les valeurs relevées s’échelonnent de 10 à 50 points selon la pièce.

  • 10 points : rue de Rivoli, rue de Marseille, rue du Faubourg Saint-Antoine.
  • 20 points : rue des Irlandais, rue de Beaune.
  • 30 points : quai St-Michel, rue d’Hauteville, rue St-Sabin.
  • 50 points : rue Saint-Blaise.

À ces points s’ajoute l’information inverse. Sur les fiches, la disparition arrive souvent dans la même phrase que la date de pose : la pièce a été collée tel jour, elle ne s’y trouve plus. Les chasseurs signalent donc les présences comme les absences, et la carte se met à jour toute seule. Un relevé qui vieillit mal reste utile, à condition de dire ce qu’il ne voit plus.

Pourquoi tant de pièces ont-elles disparu ?

Collée dans la rue, une mosaïque peut être arrachée, recouverte, cassée ou se décoller. Plusieurs pièces parisiennes documentées ne sont plus visibles aujourd’hui.

Une mosaïque collée dehors subit ce que subit tout revêtement extérieur. Deux pièces posées le même jour, le 11 mars 1999, au 37 rue de Richelieu, ont disparu du même angle. Rue de Rivoli, la mosaïque installée en 2000 a quitté le mur. Rue de Beaune, celle de janvier 2011 n’est plus visible. Rien de mystérieux : le mur, la colle ou la main d’un passant décident.

Ce qui arrive à la pièceCe que l’on observeCe qui prolonge la tenue
Arrachage volontaireLa pièce disparaît entièrement, parfois avec la trace de la colleChoisir un emplacement en hauteur, sur un support sain et bien accroché
RecouvrementPeinture, affiche ou nouveau mur : la mosaïque est là mais invisibleDifficile à prévenir, une pose au-dessus du niveau des yeux résiste mieux
DécollementLa pièce se détache par plaques, le carreau sonne creuxSupport propre, colle adaptée à l’extérieur, joints pleins et réguliers
ChocCarreaux cassés ou manquants après un nettoyage ou un véhiculeTesselles dures et joints légèrement souples amortissent mieux

Refaire une mosaïque pixel chez soi

Un motif pixel se reproduit chez soi sans difficulté. La colle, la méthode de pose et l’outil de coupe comptent plus que la taille, et les joints décident de la lisibilité.

Reproduire un motif carré avec des tesselles ne demande pas de savoir-faire d’atelier, mais de la méthode. La difficulté tient à la régularité de la trame et au choix des produits, pas au dessin lui-même, qui reste volontairement simple.

  1. Dessiner le motif sur une grille, une case par tesselle, et compter les cases de chaque côté avant d’acheter. Une case en trop et le personnage change de silhouette.
  2. Choisir la colle selon le support et l’exposition. Un panneau de bois, une vitre, un mur extérieur ou une pièce humide n’appellent pas le même produit : voir quelle colle pour une mosaïque.
  3. Décider entre pose directe et pose indirecte. La seconde, sur calque inversé, convient mieux quand le motif doit rester très régulier ou être transporté : méthode directe ou indirecte.
  4. Couper les tesselles avec l’outil adapté à la matière. Pince à mosaïque, pince à molettes ou marteline ne donnent pas le même trait : pince à mosaïque, pince à molettes, marteline.
  5. Poser en partant d’un bord droit ou du centre, et contrôler la ligne tous les trois ou quatre rangs plutôt qu’à la fin.
  6. Laisser sécher avant de jointoyer, puis nettoyer sans insister sur les carreaux, en suivant les délais du fabricant.

Les joints font la moitié du résultat. Trop larges, ils noient le motif et la silhouette perd sa netteté. Trop fins, ils compliquent le nettoyage. Sur un motif pixel, la largeur régulière du joint vaut mieux qu’un joint serré irrégulier, car l’œil lit d’abord la grille.

Questions fréquentes

Avec quels carreaux Invader fait-il ses mosaïques ?

De petits carreaux de céramique carrés et unis, choisis pour leur couleur. Les fiches d’œuvres décrivent des combinaisons simples : un alien bleu clair sur fond bleu nuit, un alien rouge aux yeux blancs sur fond blanc, ou une créature rouge aux yeux jaunes carrés sur fond blanc. Comme un carreau vaut un pixel, il n’y a ni mélange ni dégradé : chaque teinte correspond à un carreau.

Combien y a-t-il d’Invaders à Paris ?

Aucun total stable. Le catalogue est numéroté par secteur, PA_68, PA_360, PA_817 ou PA_1466, ce qui identifie les pièces sans les compter. Paris est la ville d’origine du projet et la plus dense, mais des mosaïques posées depuis 1999 ont été arrachées, recouvertes ou décollées. Le nombre change à chaque nouvelle pose et à chaque disparition.

Comment repérer les mosaïques d’Invader dans Paris ?

En cherchant à hauteur d’œil le long des rues, sur les angles de murs, les soubassements et les entourages de portes, là où un petit carreau passe pour un détail du bâti. Les chasseurs s’appuient sur l’application FlashInvaders et sur des relevés collaboratifs qui donnent l’adresse et la date de pose. Beaucoup de fiches précisent aussi que la pièce n’est plus visible.

Pourquoi certaines mosaïques d’Invader ont-elles disparu ?

Parce qu’une mosaïque collée dehors peut être arrachée, recouverte, cassée ou se décoller. Deux pièces posées le 11 mars 1999 au 37 rue de Richelieu ont disparu du même angle, et celle de la rue de Rivoli, installée en 2000, a quitté le mur. Sur une mosaïque extérieure, ce sont le support et la colle qui décident de la tenue, pas la qualité du motif.

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